Comment choisir un télescope

Un télescope se choisit sur son diamètre, c'est-à-dire la largeur de son miroir ou de sa lentille, et sur la solidité de sa monture. Le grossissement annoncé sur la boîte n'est pas un critère. Pour un premier instrument, un Dobson de 150 à 200 mm, entre 250 et 500 €, montre plus que n'importe quelle lunette vendue au même prix.

Pourquoi le grossissement annoncé ne veut rien dire ?

Parce qu'il est plafonné par la physique, pas par le fabricant. Le grossissement utile maximal vaut environ deux fois le diamètre en millimètres : 120× pour un instrument de 60 mm, 400× pour un 200 mm. Au-delà, l'image grossit mais ne montre rien de plus : elle devient sombre et floue.

Une boîte qui annonce « 675× » sur une lunette de 60 mm annonce donc un chiffre inatteignable. C'est le signal d'alerte le plus fiable du marché de l'entrée de gamme. En France, la turbulence de l'atmosphère limite en pratique les bonnes soirées à 200 ou 250×, quel que soit l'instrument.

À quoi sert le diamètre exactement ?

À deux choses mesurables : la quantité de lumière captée, et le pouvoir de séparation, c'est-à-dire la capacité à distinguer deux objets proches.

La surface collectrice augmente comme le carré du diamètre : un miroir de 200 mm capte quatre fois plus de lumière qu'un miroir de 100 mm. Pour la finesse, on utilise le critère de Dawes : pouvoir séparateur en secondes d'arc ≈ 116 divisé par le diamètre en millimètres. Un 116 mm sépare donc deux étoiles distantes d'une seconde d'arc ; un 60 mm, pas mieux que deux secondes.

Comparatif : les trois familles d'instruments

TypeDiamètre courantCe qu'il montre le mieuxEntretienPrix constaté
Lunette (réfracteur)60 – 100 mmLune, planètes, contrastes netsAucun réglage100 – 600 €
Newton sur monture Dobson150 – 300 mmNébuleuses, galaxies, amasCollimation à refaire250 – 900 €
Maksutov / Schmidt-Cassegrain90 – 200 mmPlanètes, encombrement réduitMise en température longue300 – 1 500 €

Qu'est-ce qu'un Dobson, et pourquoi le conseiller ?

Un Dobson est un télescope de type Newton posé sur une monture en bois qui pivote à plat et bascule en hauteur, sans moteur ni réglage. Rien d'autre.

Son intérêt est comptable : en supprimant la mécanique de la monture, on met tout le budget dans le miroir. À 400 €, on choisit entre une lunette de 80 mm motorisée et un Dobson de 200 mm. Le second capte six fois plus de lumière.

Comment calcule-t-on le grossissement d'un oculaire ?

En divisant la focale du télescope par celle de l'oculaire, les deux en millimètres. Un télescope de 1 200 mm de focale avec un oculaire de 10 mm donne 120×.

C'est pour cela qu'on change d'oculaire et non de télescope : deux ou trois oculaires couvrent tous les grossissements utiles, et une lentille de Barlow double la valeur obtenue. Les oculaires d'origine sont presque toujours le premier élément à remplacer.

Que verra-t-on réellement la première nuit ?

La Lune en détail dès 30×, les quatre grosses lunes de Jupiter, et les anneaux de Saturne à partir d'environ 50×. Ces trois cibles sont accessibles au plus modeste des instruments.

Repère historique : Galilée a observé les quatre satellites de Jupiter en janvier 1610 avec une lunette d'environ 3 cm de diamètre. En revanche, nébuleuses et galaxies apparaissent en gris : les images colorées des publications sont des poses photographiques longues, jamais ce que montre l'œil.

Ce qui déçoit le plus souvent

Peut-on observer le Soleil avec un télescope ?

Jamais sans filtre solaire homologué placé devant l'ouverture. Regarder le Soleil dans un oculaire sans cette protection provoque une lésion irréversible de la rétine en une fraction de seconde, sans douleur.

Les petits filtres à visser sur l'oculaire, parfois fournis avec les instruments d'entrée de gamme, ne protègent pas : ils reçoivent la lumière déjà concentrée. Ils sont à jeter.

Questions fréquentes

Quel télescope choisir pour débuter ?
Un Dobson de 150 à 200 mm, entre 250 et 500 €, offre le meilleur diamètre par euro et ne demande aucun réglage de monture. Une lunette de 70 à 90 mm convient si l'encombrement est un problème.

Quel grossissement maximal pour un télescope ?
Environ deux fois le diamètre en millimètres : 300× pour un 150 mm. Au-delà, l'image grossit sans montrer plus de détail, et la turbulence de l'air limite souvent à 200 ou 250×.

Voit-on les anneaux de Saturne avec un petit télescope ?
Oui, à partir d'environ 50× et d'un diamètre de 60 mm. Ils apparaissent comme un anneau net et détaché, sans les divisions visibles sur les photographies.

Un télescope convient-il à un enfant ?
À partir de 8 à 10 ans, accompagné, et sur une monture stable qui ne bouge pas au moindre contact. Une paire de jumelles 10×50 est souvent un meilleur premier instrument.

Faut-il un télescope motorisé ?
Pas pour observer : on suit les astres à la main sans difficulté. La motorisation devient nécessaire pour la photographie en pose longue.

Page mise à jour le 27 septembre 2026.