LA CAMPAGNE DE BELGIQUE 1815

Du 1er au 14 juin : Napoléon pare à la menace d'invasion en décidant l'offensive en Belgique
Napoléon sait que la guerre est inévitable et qu'il ne peut disposer dans l'immédiat que de 200.000 soldats. S'il reste sur la défensive, d'ici quelques semaines, il sera submergé par des forces quadruples. En effet :
100 000 Anglo-Néerlandais commandés par Wellington sont aux Pays-Bas,
135 000 Prussiens sous Blücher veillent le long de la Meuse,
225 000 Russes de Barclay de Tolly occupent le Rhin moyen,
250 000 Austro-Bavarois de Schwarzenberg sont alignés le long du haut Rhin, et en Italie 75 000 hommes menace la frontière des Alpes.
Napoléon estime que les Coalisés ne se mettront pas en marche vers Paris avant le 15 juillet. Il faut donc les devancer et prendre l'offensive en Belgique au plus tard le 15 juin.
Il s'agit de prévenir l'invasion en allant se placer entre Blücher et Wellington et les vaincre successivement en jouant sur la dispersion de leurs forces tout en s'opposant à leur réunion. Une victoire française sur les anglo-prussiens provoquerait le soulèvement d'une bonne part de la Belgique et la chute du gouvernement anglais. Les autres armées alliées hésiteront alors franchir le Rhin et l'ouverture de négociations deviendrait possible.
Le 12 juin, fort de ces espérances, Napoléon quitte Paris pour rejoindre l'armée.
Le 14 juin : L'attaque surprise des Français en Belgique
129 000 soldats français se sont concentrés dans le plus grand secret sur un front de trente kilomètres entre Philippeville et Solre-sur-Sambre.
Face à eux, de l'autre côté de la frontière
120 000 Prussiens sont dispersés : le corps de Ziethen à Fleurus, celui de Pirch à Namur, celui de Thielman à Ciney près de Dinant et celui de Bülow à Liège.
100 000 Anglo-Néerlandais sont dispersés entre Ostende, Bruxelles et les Quatre-Bras.
Soixante-quatre kilomètres séparent le quartier général de Blücher de celui de Wellington. Avec l'effet de surprise, Napoléon peut donc, dans les vingt-quatre heures, occuper la route qui, par Sombreffe et les Quatre-Bras, joint Namur à Bruxelles, et séparer les deux armées alliées.

Le 15 juin
Au matin, la Grande Armée, subdivisée en deux ailes et une réserve, pénètre en Belgique et se concentre devant Charleroi évacué par l'avant-garde de Ziethen.
A 15 heures, Napoléon ordonne
à l'aile gauche commandée par le maréchal Ney (les corps de Reille et de D'Erlon) de s'emparer du carrefour des Quatre-Bras.
à l'aile droite commandée par le maréchal Grouchy (corps de Vandamme) de marcher sur Sombreffe.
Cette mission est à accomplir pour le soir même, vraisemblablement sans aucune difficulté, étant donné l'ignorance totale dans laquelle se trouvent les états-majors adverses.
Malheureusement, dès l'entrée en campagne, le destin se montre contraire aux Français : le général de Bourmont déserte et informe les Prussiens de l'imminence de l'attaque qu'ils vont subir.
=> Ney expulse les Prussiens de Gosselies, puis atteint Frasnes à 17 h 30 où il se heurte aux fantassins de Nassau. La cavalerie de la Garde charge et les repousse dans le bois de Bossu. Mais, n'ayant pas son infanterie sous la main pour soutenir ses escadrons, Ney, contrairement aux ordres, suspend le combat et replie ses troupes sur Frasnes. Il compte reprendre le combat et occuper les Quatre-Bras le lendemain.
=> Grouchy, intimidé par la vive résistance opposée par les soldats de Ziethen à Gilly, s'arrête devant Fleurus.
Par manque d'opiniâtreté, dans la soirée du 15 juin, aucun des deux objectifs stratégiques désignés par l'Empereur n'a été atteint. Napoléon lui-même a sa part puisqu'à 20h il se trouvait encore à Gilly aux côtés de Grouchy.

Le 16 juin : La double bataille de Ligny - Quatre-Bras
A l'aube, les Français peuvent encore rattraper le retard de la veille :
Napoléon confie 45 000 hommes à Grouchy en lui donnant à nouveau l'ordre d'enlever Sombreffe. Mais les Français perdent à nouveau du temps à regrouper leurs forces ce qui permet à Blücher de concentrer toutes les forces dont il peut disposer (40 000h) et d'établit un front défensif au nord du ruisseau de Ligny tout en occupant solidement les villages de Saint-Amand, Ligny et Sombreffe.
Dans la nuit du 15 au 16 juin, Wellington, informé de l'offensive française est parti immédiatement pour les Quatre-Bras où il arrive aux Quatre-Bras à 10h du matin. Il se rend compte de la gravité de la situation car le carrefour est menacé par Ney. Les anglo-hollandais doivent absolument garder la maîtrise de ce carrefour pour ne pas compromettre les alliés prussiens et il ordonne alors la venue de renforts importants.

La bataille de Ligny
Vers 9h30 Napoléon arrive à Fleurus. Il constate que Grouchy n'a pas progressé depuis la veille et que Blücher n'a pas cessé de renforcer sa position.
Ayant établi son observatoire au moulin du bourg, il décide d'attaquer dès que le corps de Gérard, très en retard, sera entièrement disponible. Cette attente ne permet d'engager la bataille qu'à 15h.
Gérard attaque Ligny où il se heurte à une vive résistance. Sur sa gauche, la division Girard s'empare du village de Saint-Amand. A l'est Grouchy tient Thielman en respect avec sa cavalerie.
Les soldats de Blücher se défendent avec une rare énergie car, deux heures avant la bataille, Blücher a rencontré Wellington au moulin de Bussy qui l'a assuré avoir l'intention de venir prendre à revers les Français au cours de l'après-midi. Il faut donc que les prussiens tiennent leurs positions d'autant plus qu'ils peuvent espérer que les 35 000h de Bülow vont arriver pour donner le coup de grâce à l'armée napoléonienne.
A 16h, Blücher jette, dans la bataille, ses réserves et Vandamme est rejeté de Saint-Amand.
Vers 18h, le corps de D'Erlon, rappelé de Frasnes, est signalé. Comptant sur l'intervention imminente de ces 20 000 Français sur les arrières gauches de Blücher, Napoléon décide de rompre le centre prussien par une attaque principale sur Ligny, où la lutte est acharnée.
A 19h30, les français s'emparent de Ligny et font une brèche dans la ligne de résistance prissienne. Blücher, ne voyant toujours pas venir les Anglais, ordonne la retraite sur Sombreffe.
A 21h30, Napoléon est maître du champ de bataille. Avec 65 000 hommes, il a réussi à refouler 87 000 Prussiens en les réduisant à 67 000 combattants, alors qu'il ne perdait que 13 000 des siens. Mais l'armée prussienne n'est pas détruite et va bientôt être renforcée par le corps de Bülow qui est parvenu à moins de 10 km de Sombreffe.

La bataille des Quatre-Bras
Malgré les ordres réitérés de l'Empereur, Ney a perdu toute la matinée à faire franchir à son infanterie les trois kilomètres séparant Frasnes des avant-postes du prince d'Orange situés à Pierrepont et Gémioncourt.
Ce n'est qu'à 14h que Ney se décide à lancer l'attaque du carrefour.
A 15h, les français atteignent les Quatre-Bras mais c'est trop tard. D'importants renforts anglo-néerlandais débouchent de la chaussée de Bruxelles et rejettent les Français dans le val de Gémioncourt. Après une heure de lutte indécise, le corps de Brunswick vient renforcer la droite de la position Anglo-Néerlandaise.
A 18h, Ney tente de repasser à l'offensive. Il lance les cuirassiers de Kellermann mais sans les soutenir ce qui provoque l'échec de la charge.
A 19h, Wellington déclenche une contre-offensive. Les Français sont bousculés et ramenés sur leur ligne de départ à près de 3 km au sud du carrefour.
La bataille se solde par une victoire alliée.


Le bilan de la journée est décevant pour Napoléon : défaite aux Quatre-Bras, demi-victoire à Ligny
.
Le corps de Drouet D'Erlon (20 000h), sollicité de part et d'autre par des ordres à la fois mal transmis et mal interprétés, n'a rien fait d'autre que de se promener entre les deux champs de bataille alors que son intervention aurait pu être décisive.



Le 17 juin : Repli et rapprochement des armées anglaises et prussiennes


Le repli des Prussiens suivis par Grouchy :
Napoléon, devenu négligent, n'a pas immédiatement lancé la poursuite des prusssiens qui vont donc pouvoir, pendant plus de treize heures de tranquillité quasi-totale, organiser leur retraite sur Wavre, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sombreffe au point où la Dyle coupe la route de Namur à Bruxelles. Les communications avec l'armée Anglo-Néerlandaise seront ainsi maintenues.
Pour accélérer le repli les forces prussiennes empruntent deux routes : l'une passant par Gembloux et Corbais, l'autre à l'Ouest par Gentinnes et Villeroux.
Ce n'est qu'à 11h du matin que Napoléon ordonne enfin à Grouchy de poursuivre les Prussiens. Il place sous ses ordres 32 000 hommes accompagnés de 96 canons.
La cavalerie française reprend contact avec les Prussiens. Mais il ne s'agit que d'arrière-gardes et par conséquent Grouchy ne sait pas avec certitude quelle direction exacte a été prise par Blücher avec le gros de ses forces. L'infanterie française va s'établir à Gembloux, elle n'a progressé que de 10km alors que les Prussiens, dans le même temps, se sont déplacée de 30 à 40km.
A 22h, Grouchy comprend enfin que Blücher marche sur Wavre pour se rapprocher au maximum des Anglais. Il envoie alors un message à Napoléon l'en informer.

Le repli des Anglo-Neerlandais suivi par Ney et Napoléon :
Wellington, informé de l'échec de Ligny, abandonne les Quatre-Bras et ordonne un repli général en direction de Bruxelles.
A 10h, le repli commence sans provoquer de réaction des troupes de Ney au repos devant Frasnes.
A 14h, Ney sort de son apathie lorsque Napoléon, accouru de Fleurus, survient par Marbais à la tête des escadrons de sa Garde. C'est trop tard, il n'y a plus aux Quatre-Bras que la cavalerie anglaise laissée en arrière-garde. Napoléon la fait charger et la poursuit vivement malgré une violente pluie d'orage.
A 19h, les Français arrivent sur les hauteurs de Belle-Alliance face au plateau de Mont-Saint-Jean et constatent que Wellington y a concentré toute son armée. L'heure est trop tardive pour que les Français puissent engager le combat.
A la ferme du Caillou, Napoléon attend anxieusement que ses troupes, retardées par la pluie et la boue, aient rejoint. Il espère que Wellington acceptera la bataille.
C'est bien l'intention du généralissime anglais qui, installé dans le bourg de Waterloo, a trouvé à Mont-Saint-Jean une excellente position défensive qu'il renforce dans la nuit. En outre Wellington sait qu'il peut compter sur l'appui prussien. Dès la matinée il est parvenu à le convaincre Blücher d'effectuer une marche de flanc, risquée mais décisive, destinée à surprendre les Français. Cette marche sera effectuée par le corps de Bülow. Dès l'aube du 18 il avancera sur Plancenoit pour tomber sur les arrières de l'armée de Napoléon.

Le18 juin : La bataille de Waterloo
Les forces en présence
Wellington dispose de 67 000 soldats avec 156 canons placés en position défensive, sur un front de quatre kilomètres, au bord du plateau de Mont-Saint-Jean, en avant du carrefour des chaussées de Nivelles et de Charleroi et en arrière du chemin creux d'Ohain.
Les avant-postes occupent les fermes d'Hougoumont, de la Haye-Sainte, de Papelotte et de La Haye.
L'aile droite, la plus fournie est prolongée sur Braine-l'Alleud par le corps belge de Chassé. Elle garantit à l'armée anglo-néerlandaise une éventuelle retraite vers Ostende.
L'aile gauche, destinée à se lier aux Prussiens est moins forte.
Le plan anglais consiste donc à soutenir le choc en attendant les Prussiens qui, en attaquant les Français sur leurs arrières, permettront la victoire.
De son côté, Napoléon dispose sur les hauteurs de Belle-Alliance de 70 000 hommes avec 250 canons.
Son plan, consiste à de fixer l'aile droite anglaise par une attaque de diversion du corps de Reille contre Hougoumont et d'assaillir secondairement le Mont-Saint-Jean avec celui de D'Erlon appuyé par les cavaleries de Milhaud et de Kellermann. Lorsque 1'adversaire sera totalement engagé, le corps de Mouton, gardé en réserve au centre, percera directement sur le croisement de Mont-Saint-Jean et s'y barricadera.
L'armée de Wellington, disloquée et séparée des Prussiens, n'aura plus qu'à battre en retraite vers le Nord-Ouest.
Quant à Grouchy, l'Empereur lui adresse une dépêche au début de la matinée en le pressant de marcher sur Wavre pour surveiller les Prussiens et de "se rapprocher" de l'armée impériale.
L'engagement est primitivement fixé à 9 h du matin mais se trouve retardé de deux heures. Le mauvais état du terrain inondé par l'orage gêne les déplacements de la cavalerie et de l'artillerie. Ce n'est donc qu'à 11 h 30 que le corps de Reille ouvre le feu.


De 11 h 30 à 15 h
A l'aile gauche la division Jérôme Bonaparte attaque Hougoumont. Le bois est pris rapidement mais le château, âprement défendu par les Anglais résiste aux assauts. Jérôme s'acharne ce qui transforme cette manœuvre de diversion en véritable bataille.
La bataille est à peine engagée quand l'état-major français apprend que des troupes prussiennes,l'avant-garde de Bülow, sont signalées à 10km à l'est du champ de bataille. Immédiatement Napoléon qui est inquiet envoie au devant des Prussiens les fantassins de Mouton précédés des cavaliers de Domon et Subervie. Il adresse aussi une nouvelle lettre à Grouchy lui ordonnant de "manœuvrer pour rejoindre notre droite".
A ce moment, Grouchy déjeune à Walhain. Lorsque le général Gérard l'abjure de "marcher au canon ", il répond que les ordres de l'Empereur lui stipulent non pas de le rejoindre à Mont-Saint-Jean, mais "de marcher sur Wavre en poussant les Prussiens". Le maréchal va donc continuer de diriger toutes ses divisions sur Wavre par Nil-Saint-Vincent. Ses forces se trouvent donc à 38 km en arrière des têtes de colonne ennemies.
En face Blücher à 11h, comme promis à Wellington, va retrouver Bülow pour l'accompagner sur la route, qui, par Saint-Lambert et Lasne, mène à Plancenoit.
Napoléon comprend qu'il faut prendre rapidement Mont-Saint-Jean car, d'ici deux heures, il faudra faire face aux Prussiens. Une grande batterie de 80 canons est mise en place pour préparer l'assaut des fantassins de D'Erlon sur la Haie-Sainte et l'aile gauche anglaise. L'attaque française n'est pas décisive, elle doit même refluer sous les coups de la contre-attaque menée par Lord Picton. Wellington lance alors sa cavalerie et le reflux devient déroute. Napoléon rétablit la situation par une contre-charge de sa cavalerie. Les deux adversaires reprennent alors leurs positions initiales tandis que la ferme de Hougoumont, qui n'a pas pu être enlevée par les français s'effondre et brûle.
De 15 h à 19 h
Le maréchal Ney, impatient d'emporter le Mont-Saint-Jean, lance à nouveau l'infanterie de D'Erlon contre la Haye-Sainte. Mais pour soutenir cette attaque il engage prématurément la grosse cavalerie de Milhaud suivie de la cavalerie légère de la Garde.
Les Anglo-Néerlandais, formés en carrés, repoussent deux charges successives sans se laisser entamer.
Napoléon tente alors le tout pour le tout et faisant appuyer l'attaque par les cuirassiers de Kellermann et le reste de la cavalerie de la Garde.
Deux nouvelles charges n'obtiennent pas de résultat plus décisif que les deux premières.
Vers 16h, au Sud-Est la situation s'aggrave. Le général Bülow a pu entrer dans Plancenoit. Expulsé du village par une contre-attaque française, il réussit à y reprendre pied.
Napoléon, très inquiet, doit alors envoyer la jeune garde reconquérir cette position essentielle. Il est maintenant absolument nécessaire pour les Français de fournir un suprême effort pour rompre la ligne anglaise.
Une cinquième charge de tout ce qui leur reste de cavalerie suivie d'une attaque générale provoque un sérieux ébranlement du dispositif allié.
A 19h, les Français parviennent à s'emparer de La Haye-Sainte. C'est à Wellington d'être inquiet. Il craint fort de ne pas pouvoir tenir contre un nouvel assaut, si les Prussiens tardent à venir renforcer directement son aile gauche défaillante.
De 19 h à 21 h
Grâce à l'intervention de la Garde,Bülow a été rejeté hors de Plancenoit. Napoléon pense alors qu'il peut encore gagner si le front anglo-néerlandais est percé.
Il décide donc de jeter dans la bataille ses dernières réserves : les 6 500 fantassins d'élite de la "moyenne" et de la "vieille garde".
Mais les Anglais ont repris confiance en apprenant l'arrivée à Ohain, à moins de 4 km du champ de bataille, du corps prussien de Ziethen. Wellington a eu le temps d'organiser ses positions. Il est prêt à subir le choc ultime.
La Garde Impériale attaque mais subit un feu concentrique très nourri. Elle chancelle puis doit reculer.
A ce moment-là, Ziethen, débouchant d'Ohain, occupe Smohain ainsi que les fermes de La Haye et de Papelotte. Wellington juge alors que le moment est venu d'agir pour emporter la victoire. Il lève son chapeau et ordonne une offensive générale vers les hauteurs de Belle-Alliance.
Assaillis de toute part les régiments français épuisés s'effondrent et fuient en panique.
Napoléon tente alors d'organiser une retraite sur Charleroi sous la protection des derniers bataillons de la Garde alignés en carrés en avant de Belle-Alliance. Cette fragile digue est rapidement submergée et les trois derniers carrés (Christiani, Roguet et Cambronne) succombent sous les charges des cavaleries anglaise et prussienne.
A 21h tout est consommé, Napoléon est vaincu.
Grouchy n'est pas venu, il n'est pourtant qu'à 12km à l'Est et on entend le canon de la bataille qu'il livre aux Prussiens. Depuis 16 h, le maréchal il est aux prises avec le corps de Thielman. Enfin parvenu sous les murs de Wavre, le passage de la Dyle lui est disputé avec un tel acharnement que ce n'est quà 23 h qu'il réussit à passer, la lutte a cessé depuis longtemps à Mont-Saint-Jean.
Wellington et Blücher se sont donné l'accolade de la victoire devant le cabaret de " Belle-Alliance". La victoire alliée est décisive au prix de 21 000 hommes hors de combat. Ces pertes sont compensées par les 26 000 tués ou blessés et 10 000 prisonniers du côté français.

Du 19 juin au 2 juillet : La fin de l'épopée impériale
Le 19 juin, à 1h du matin, Napoléon s'arrête un instant à Quatre-Bras.
Grouchy, ignorant la défaite subie par l'Empereur, reprend son offensive contre Thielman. Vainqueur à Rosières et à La Bawette, il s'apprête à poursuivre son offensive. A 10 h 30 la nouvelle du désastre lui parvient. Il se hâte alors de se mettre en retraite vers Namur. Le recul s'effectue dans le plus grand ordre et les Français atteignent Gembloux en fin d'après-midi sans avoir été poursuivis.
Le 20 juin les Français battus à Waterloo parviennent à se regrouper sous les murs de Charleroi et à y repasser la Sambre, en direction de la France.
L'Empereur arrive à Philippeville, à quelques lieues de Rocroi. Il tient conseil entouré de ses proches car il s'imagine encore que tout n'est pas perdu.
Ce même jour, Grouchy, assailli à la fois par Thielman venant de Gembloux et par Pirch accourant de Mellery, parvient à se dégager par les vifs combats de La Falise et du Boguet. En fin de journée il parvient à Namur et y repousse tous les assauts prussiens. A 21 h, les Français évacuent la place forte et se rallient sur Givet sans avoir perdu un seul canon.
Le 21 juin, l'Empereur arrive à l'Élysée. Il pense encore continuer la lutte. A 10 heures, l'Empereur pénètre dans la salle de conférence et s'adresse à tous ses ministres mais tous savent bien que rien n'est réalisable car les députés veulent la fin de l'Empire. Ils déclarent à Lucien que l'Empereur ne peut sauver la France qu'en renonçant au pouvoir.
Le 22 juin, l'Empereur dicte l'acte d'abdication en faveur de son fils. Un gouvernement provisoire est formé, présidé par Fouché, qui demande le départ immédiat de l'Empereur.
Le 25 juin, Napoléon quitte l'Elysée pour la Malmaison. Le général Becker y commande la garde qui lui est affectée.
Le 27 juin, Becker annonce à l'Empereur qu'il a reçu l'ordre impératif de le faire partir.
Le 28 juin, Napoléon fait savoir à la commission du gouvernement qu'il restera à la Malmaison tant que l'on n'aura pas prescrit à deux frégates de mettre à la voile dès son arrivée à Rochefort.
Le 29 juin, Décrès et Boulay de la Meurthe viennent annoncer à Napoléon que les frégates sont mises à sa disposition et qu'il doit donc partir sans retard. A 17h30 Napoléon quitte la Malmaison. A 22h, il arrive au château de Rambouillet.
Le même jour Grouchy rejoint la capitale avec son armée grossie de 30 000 combattants rassemblés aux frontières.