LA 5ème COALITION : LA CAMPAGNE D'AUTRICHE 1809

La situation au début de l'année 1809
Dès la fin de 1808 l'Angleterre, voulant profiter de l'engagement de Napoléon en Espagne, essaie d'organiser une nouvelle coalition. Seule l'Autriche accepte d'entrer dans cette coalition car elle souhaite une revanche et pour cela a entrepris son réarmement. En outre elle encourage en Allemagne des soulèvements de patriotes allemands. L'Autriche est certaine que la Russie n'interviendra pas puisque le tsar a confié à son ambassadeur " qu'il ne pouvait s'empêcher de faire des vœux pour le succès de l'Autriche ".
Sur le plan militaire la situation s'avère des plus favorables à une offensive autrichienne :
Au nord des Alpes, 200 000 autrichiens commandés par l'archiduc Charles, menacent 156 000 Français et Alliés dont les forces sont dispersées en Bavière, sur le Rhin et sur l'Oder et enfin en Saxe et en Pologne.
Au sud des Alpes, les 50 000 soldats de l'archiduc Jean sont suffisants pour neutraliser les 45 000 Italiens du prince Eugène.
Le 1er janvier 1809, en Espagne, Napoléon est mis au courant de la situation en Autriche. Il décide donc de laisser l'armée d'Espagne à Soult.
Le 17 janvier Napoléon quitte Valladolid pour Paris où il arrive le 17. Immédiatement il prend les mesures nécessaires pour organiser une armée d'Allemagne forte de 200 000h.
Mais cette armée ne vaut pas celle de 1805 car elle est constituée de nombreux étrangers (Bavarois et Saxons) et les jeunes recrues françaises sont à peine formées. Au contraire l'armée autrichienne est animée d'un très vif sentiment national et sait mieux manœuvrer. Ses chefs, et tout particulièrement l'archiduc Charles, ont su tirer les leçons des défaites et connaissent la stratégie de l'Empereur.
Autre handicap pour Napoléon : par nécessité diplomatique il doit laisser l'initiative de l'attaque aux autrichiens et maintenir ses forces en position défensive. L'armée d'Allemagne est constituée des trois corps d'armée de Davout, Masséna et Lannes, les trois plus grands soldats de l'Empire. Bessières, qui commande la cavalerie et la Garde, soit 20 000 hommes, restera avec l'Empereur.

 

 

 

 

 

Du 30 mars au 19 avril : L'offensive autrichienne en Bavière


Berthier, qui a mal interprété les ordres de Napoléon, a dispersé les forces françaises :
A l'avant-garde les bavarois de Lefebvre gardent la ligne de l'Isar (Straubing, Landshut et Munich).
A Ratisbonne Saint-Hilaire est encore seul mais il doit recevoir le renfort des troupes de Davout, venant de Nuremberg.
A Augsbourg sont rassemblés les corps d'Oudinot et de Masséna.
Le 9 avril 1809, sans déclaration de guerre, l'archiduc Charles force la frontière bavaroise à Braunau. L'Autriche vient d'ouvrir les hostilités.
Le 17 avril les Autrichiens enlèvent Landshut aux Bavarois. Ils poursuivant leur marche en direction de Ratisbonne dans le but de couper en deux l'armée française. Mais le même jour à 2h du matin Napoléon arrive à Donauwerth. Il prend immédiatement l'initiative des opérations car il voit dans une situation qui paraît inquiétante une occasion de victoire.
Le 18 avril, Davout reçoit l'ordre de quitter Ratisbonne pour marcher sur Neustadt et y rejoindre les Bavarois en retraite. C'est une marche dangereuse puisque Davout va offrir son flanc aux Autrichiens mais c'est ce que veut Napoléon pour les attirer vers le Nord. En effet Masséna et Oudinot reçoivent l'ordre de marcher sur Landshut afin de couper toute possibilité de retraite aux autrichiens et ainsi d'obtenir une bataille susceptible de leur porter un coup décisif.
Le 19 avril les Autrichiens arrivent à proximité de Neustadt mais sans trouver Davout. Celui-ci approche d'Abensberg et y rejoint les Bavarois. C'est maintenant l'archiduc Charles qui est menacé sur son flanc gauche par les forces françaises venant d'Augsbourg.

Du 20 au 23 avril 1809 : Manœuvre de Landshut et bataille d'Eckmühl


Mais en réalité Napoléon n'a devant lui que l'aile gauche de l'armée autrichienne commandée par l'archiduc Louis et le général Hiller car, à Rohr, l'archiduc Charles, avec le gros de ses forces, a pris la direction de Ratisbonne où doivent arriver les corps de Bellegarde et de Kollowrath venant de Bohême.
Le 20 avril, Napoléon lance Lannes à l'attaque sur le front Arnhofen-Abensberg. Les Autrichiens bousculés doivent se replier sur Rohr et Rottenburg pour atteindre Landshut.
Le 21 avril Masséna arrive à Landshut, s'empare la ville, et oblige Hiller à fuir rapidement en direction de la frontière autrichienne.
Napoléon a remporté la "victoire d'Abensberg" mais ce n'est pas le succès décisif attendu. Seule la gauche de l'armée autrichienne a été battue sans être détruite.
C'est à nouveau l'archiduc Charles qui se trouve en excellente position pour manœuvrer puisque, grâce à Kollowrath qui a repris Ratisbonne, il a une nouvelle ligne de retraite possible par la Bohême.
L'archiduc Charles décide donc d'écraser l'armée franco-bavaroise de Davout au nord d'Eckmühl puis de prendre en tenaille le gros des forces françaises à Landshut avec l'aide de Hiller replié sur l'Inn.
Le 21 avril, Davout subit le choc mais il est capable, même isolé, de tenir tête à des forces doubles des siennes. Le soir du 21 avril, malgré un combat acharné, les divisions franco-bavaroises ont réussi à tenir le front Schierling-Laichling.



Le 22 avril, l'archiduc Charles perd la matinée à regrouper ses troupes tandis que Napoléon réagit dès le matin en ordonnant à Lannes (à 45 km) de venir participer à la bataille.
A 13h30, les troupes de Lannes arrivent et Davout lance alors l'offensive. Au prix de lourdes pertes les positions autrichiennes sont emportées.
L'archiduc Charles, inquiet de l'arrivée de Napoléon, ordonne la retraite vers Ratisbonne.
Le 23 avril : A l'aube, à Ratisbonne, les troupes autrichiennes passent sur la rive gauche du Danube pour se regrouper en Bohême. Napoléon, à la poursuite de l'archiduc Charles, arrive. Les troupes de Kollowrath résistent aux assauts de Lannes. Ce n'est que vers 18-19 h que les Français peuvent entrer dans la ville.
Les Autrichiens ont pu se retirer en détruisant le pont sur le Danube.
C'est la fin de la campagne de Bavière : En quatre jours Napoléon a réduit l'armée de l'archiduc Charles de 60 000 h et il l'a contrainte à la retraite tout en la séparant en deux tronçons : l'un rejeté sur la Bohême, l'autre sur la Haute-Autriche.

 

 

 

 

 

 

 

Du 24 avril au 13 mai : La marche sur Vienne


L'Autriche doit à nouveau défendre son territoire mais la situation lui permet de rester optimiste sur l'issue de la guerre car l'archiduc Charles dispose encore de 140 000h. Il peut, si le général Hillet parvient à ralentir l'avance des Français, atteindre le Danube à Linz par la route de Budweis. Il lui sera alors possible de livrer bataille sur un terrain favorable à la défensive.
L'esprit national autrichien est à son paroxysme.
Au Tyrol, , les paysans, insurgés sous la direction d'Andréas Hofer vont, trois mois durant, immobiliser les divisions bavaroises de Lefebvre.
En Allemagne, la révolte menace sous l'impulsion des coups d'audace du major prussien Schill.
En Pologne, l'archiduc Ferdinand a chassé de Varsovie l'armée polono-saxonne de Poniatowski sans que Tsar intervienne.
En Italie, Eugène de Beauharnais a été battu par l'archiduc Jean, le 16 avril, à Sacile (à 80 km au nord-est de Venise).

Face à une telle situation Napoléon est obligé d'agir vite : marcher sur Vienne par la rive droite du Danube.
Dès le 2 mai, après avoir forcé la ligne de l'Inn tenue par Hiller (Schärding-Braunau), les Français sont à Linz.
L'archiduc Charles, devancé, doit modifier son plan. Il envisage maintenant la jonction avec Hiller à Krems (50km seulement en amont de Vienne).
Le 3 mai Hiller se défend vigoureusement contre Masséna. Les Français parviennent malgré tout à prendre Ebelsberg et son pont.
Le 8 mai Hiller arrive à Krems où il rejoint l'Archiduc en passant sur la rive gauche du Danube. Les Français ont perdu le contact avec l'armée autrichienne.
Le 10 mai au soir, Napoléon arrive à Schönbrunn.
Le 13 mai, après un bombardement, Vienne capitule. Mais la garnison, sous les ordres de l'archiduc Maximilien, a pu se replier sur la rive gauche après avoir détruit tous les ponts.


En s'emparant de Vienne, la Grande Armée s'est assuré une solide base d'opération avec des approvisionnements considérables; mais, pour atteindre 1'adversaire, il faut maintenant trouver le moyen de franchir un fleuve en crue dont la largeur moyenne excède cinq cents mètres !


Du 14 au 22 mai : La bataille manquée d'Essling-Aspern

Alors que l'archiduc Charles, en sécurité sur la rive gauche du Danube, n'a aucun intérêt à bouger, Napoléon a besoin d'une victoire car cela bouge aux quatre coins de l'Europe. D'autre part une nouvelle menace apparaît : l'archiduc Jean, rappelé d'Italie, marche sur Graz à la tête de 50 000h. Napoléon le fait surveiller.
Le 19 mai Napoléon décide de faire franchir le Danube à son armée en utilisant la grande île de Lobau dont la taille permet d'y concentrer 150 000h. A cet endroit le fleuve est divisé en deux bras. Le bras qui se trouve du côté français a plus de cent mètres de largeur. Du côté autrichien, il ne reste plus ensuite qu'une cinquantaine de mètres à enjamber.
La division Molitor passe en barques dans l'île de Lobau et aussitôt débute la construction d'un "grand pont" de bateaux jeté sur 680m entre la rive droite et l'île.
Dans la nuit du 20 au 21 mai, les troupes de Masséna et de Lannes commencent à s'installer dans Lobau. Sur l'autre rive, l'archiduc Charles, à la tête de 90 000 combattants rangés en bataille entre Wagram et Neusiedl, attend l'attaque française, sans chercher à défendre les rives mêmes du fleuve.

Essling-Aspern : La journée du 21 mai 1809
A l'aube du 21 mai, par un petit pont de 100m établi sur l'autre bras du Danube, les Français débouchent sur la rive gauche entre Essling et Aspern. Les Autrichiens réagissent en attaquant vigoureusement ces deux villages mais sans réussir à en déloger les troupes de Masséna. Au contraire, Napoléon commence à concentrer, entre ces deux positions des forces destinées à passer à l'offensive.
A midi le grand pont rompt partiellement (les Autrichiens lancent en amont des poutres, des troncs d'arbres, et même des moulins flottants). Napoléon ordonne alors de passer de l'offensive à la défensive, le temps de réparer le pont. Les combats sont alors furieux. 21 000 Français sont assaillis par 90 000Autrichiens appuyés par 300 canons.
Dans la soirée, les français ont réussi à tenir. Ils résistent à Essling, dont le "grenier d'abondance" a été transformé en forteresse, et à Aspern qui perdu a été repris par Masséna (sauf l'église et le presbytère). Entre les deux villages, les offensives de la fameuse cavalerie de Liechtenstein ont été neutralisées par les charges de Lasalle ainsi que celles des cuirassiers du général D'Espagne (il y trouve une mort glorieuse).

 

Essling-Aspern : La journée du 22 mai
Dès les premières heures du 22 mai, le grand pont est rétabli et la tête de pont française atteint 55 000 combattants.
Napoléon reprend confiance et attend Davout, rappelé avec 20 000 fantassins et cuirassiers, pour pouvoir percer le centre autrichien, alors que l'ennemi s'acharnera sur ses ailes.
Au début de la matinée, Masséna a repris totalement Aspern. Lannes commence à déboucher d'Essling et à sa gauche Saint-Hilaire et Oudinot refoulent les Autrichiens sur 3km en direction de Breitenlee. L'armée autrichienne est en passe d'être coupée en deux.
Mais à 8h le grand pont s'effondre à nouveau puis est totalement emporté. Davout n'a pas eu le temps de passer dans Lobau et les troupes engagées sur la rive gauche commencent à manquer de munitions.
Alors que la bataille était en voie d'être gagnée Napoléon doit suspendre l'offensive. L'archiduc Charles en profite pour lancer la contre-attaque appuyée par une importante artillerie. Les combats sont furieux et les pertes sévères. Lannes, près d'Essling, est blessé mortellement (un boulet lui a fracassé les deux jambes).
En début d'après-midi, les deux armées sont exténuées. Les Autrichiens stoppent leur attaque. En fin d'après-midi, Napoléon ordonne le repli des troupes dans l'île de Lobau.
Les Autrichiens, épuisés par quarante-huit heures de lutte acharnée, n'osent pas tenter le franchissement du petit bras.
Au terme de ces deux sanglantes journées, tout est à recommencer. La Grande Armée a perdu 16 000 hommes dont plusieurs généraux et le Maréchal Lannes. Les Autrichiens, qui se proclament vainqueurs malgré 27 000 des leurs hors de combat, n'ont pas réussi à infliger à Napoléon la défaite irrémédiable qu'ils étaient en droit d'espérer.

Du 23 mai au 3 juillet : La préparation d'une nouvelle bataille
Pendant plus d'un mois Autrichiens et Français vont regrouper leurs forces pour livrer la bataille décisive.
L'archiduc Charles compte sur le renfort des forces de l'archiduc Jean venues d'Italie et celles de Jellachich venues du Tyrol. Mais le prince Eugène va anéantir cet espoir :
Le 25 mai à Saint-Michel il repousse les troupes de Jellachich.
Le 14 juin à Raab il coupe la route de Graz à l'archiduc Jean qui doit faire retraite par la route de Hongrie pour tenter de rejoindre son frère.
De son côté Napoléon transforme en camp retranché l'île de Lobau et fait renforcer le grand pont. Il fait garder tous les passages possibles du Danube sur plus de 300km entre Linz et Presbourg. Il sait aussi que des renforts arrivent : l'armée du prince Eugène ainsi que celle de Marmont qui vient de Dalmatie.
A la fin du mois de juin les forces autrichiennes de l'archiduc Charles sont concentrées au Nord du Danube : la droite à Aspern, le centre à Essling, la gauche à Enzersdorf. Il dispose de 150 000h et 450 canons et il espère que l'archiduc Jean (20 000h) pourra franchir le Danube à Presbourg et participer à la bataille.
De son côté Napoléon a pu réunir, dans l'île de Lobau et à Vienne, 148 000 combattants et 550 canons.
Le 1er juillet, le sort en est jeté : les différentes corps de la Grande Armée commencent leur mouvement concentrique vers l'île de Lobau.

 

5 et 6 juillet : La bataille de Wagram
Les plans de bataille
Napoléon a l'intention de renouveler son plan de rupture du centre ennemi qui avait failli réussir le jour d'Essling. La majeure partie de l'armée donnera l'assaut aux forces ennemies située sur la ligne Wagram-Neusiedl. Napoléon prévoit que l'archiduc Charles réagira forcément sur ses deux ailes, à droite pour couper aux Français leur retraite vers l'île de Lobau ; à gauche pour maintenir sa position à Neusiedl où doit déboucher l'archiduc Jean. Ainsi, renforçant ses ailes, l'Archiduc dégarnira son centre que la réserve napoléonienne ira briser entre Wagram et Aderklaa.
De son côté, l'archiduc Charles voit la bataille se dérouler en sa faveur de la façon suivante : 75 000h (Bellegarde, Hohenzollern, Rosenberg) contiendront l'attaque des Français sur la ligne du Rüssbach puis contre-attaqueront pour les refouler vers le Danube. Les 65.000h de Kollowrath, Reuss, Plauen et Klenau attaqueront alors le flanc gauche des Français pour couper la retraite vers les ponts.
L'archiduc Jean viendra compléter cette offensive qui permettra d'écraser l'armée française.
Le 4 juillet, Napoléon lance l'attaque en engageant la division Legrand qui fait diversion en attaquant les défenses autrichiennes de la ligne Aspern-Essling.
A 21h, trois kilomètres plus en aval, le grand passage commence, favorisés par un violent orage qui détourne l'attention de l'ennemi.
Une batterie de 109 canons installée dans Lobau bombarde et incendie Gross-Enzersdorf.

La journée du 5 juillet
A 9 heures, par sept ponts, 100 000 français se déploient dans la plaine de Mühlleiten. Toute la matinée est consacrée à la mise en place des corps de la Grande Armée. Les autrichiens stupéfaits restent sur leurs positions.
Masséna, à l'avant-garde s'empare de Gross-Enzersdorf, puis marche sur Essling et Aspern que les autrichiens, pris à revers doivent évacuer.
Puis Davout lance l'attaque sur la droite autrichienne. Ses hommes marchent sur Neusiedl, tandis que Oudinot et Marmont se dirigent vers Baumersdorf.
Les Saxons de Bernadotte se déploient entre Masséna et Oudinot.
Vers 18h, Masséna à la tête de 18 000h atteint la ligne Aspern- Breitenlee- Sussenbrunn sans provoquer de réaction de la droite autrichienne forte de 60 000h.
A l'autre extrémité, sur la ligne du Rüssbach, Français et Autrichiens sont au contact.
Les forces de l'archiduc Charles sont alors étirées sur plus de 17km de front. Napoléon estime qu'il faut profiter de cette situation pour attaquer, à Wagram, la charnière entre les deux parties de l'armée autrichienne.
Bernadotte et ses Saxons, appuyé par Macdonald, est chargé de s'emparer de Wagram. En même temps Oudinot s'attaque à Baumersdorf.
A Wagram les combats sont très violents. Les autrichiens parviennent à repousser les Saxons de Bernadotte. Les soldats de Macdonald, prenant les Saxons pour des ennemis leur tirent dessus. C'est la panique : Bernadotte et Macdonald doivent se retirer sur Aderklaa tandis qu'Oudinot doit suspendre son attaque sur Baumersdorf.
Napoléon, à l'approche de la nuit, renonce à renouveler l'attaque. C'est une magnifique occasion de victoire qui est perdue car, pendant la nuit, l'archiduc Charles va pouvoir préparer ses forces pour la bataille du lendemain. Les Français gardent toutefois un avantage : la possession de Breitenlee et Aderklaa a rompu l'unité de commandement de l'armée autrichienne.

 

La journée du 6 juillet
Dès 6h les autrichiens reprennent les attaques. Bellegarde attaque au centre et rejette les Saxons de Bernadotte hors d'Aderklaa. Ce succès rend possible une offensive de toute l'aile droite autrichienne. Masséna est alors accablé d'autant plus qu'il est débordé sur sa droite par suite du recul de Bernadotte. Il essaie sans succès de reprendre Aderklaa tandis que les autrichiens de Klenau repoussent la division de Boudet dans Aspern.
A 9h, devant la gravité de la situation Napoléon rejoint Masséna et lui ordonne de laisser l'adversaire pousser le long du Danube et d'attaquer à l'aile opposée en exécutant un changement de front de façon à ce que Klenau, qui vient d'atteindre Essling, se trouve pris entre les forces françaises et le Danube.
A 10h ce mouvement difficile est réussi grâce à l'appui de la cavalerie (Lassalle et Saint-Sulpice) mais il crée un vide de 4km au centre de la ligne française, de Breitenlee à Aderklaa. Pour colmater ce trou Napoléon décide d'y installer une grande batterie de 100 canons. Cela sera réalisé grâce aux nombreuses chargesdes cuirassiers et carabiniers de Nansouty, conduits par le maréchal Bessières.
A 10h30 la grande batterie ouvre le feu et progresse par bonds sous une pluie de boulets autrichiens. Elle reçoit donc le soutien de la Jeune Garde, des Saxons de Bernadotte, de 1' armée d'Italie, ainsi que des Bavarois de De Wrede.
Vers 11h30, Napoléon, informé que Davout est parvenu à s'emparer de Neusiedl, décide de porter le coup décisif. Macdonald, placé à la tête de 49 000h est chargé de marcher sur Sussenbrunn. Napoléon se place lui-même derrière Macdonald avec les 18 000h de la réserve (forces de Marmont et la Garde). Les Autrichiens résistent énergiquement dans Sussenbrunn mais, sous le feu intenable de la grande batterie, doivent évacuer Aderklaa et Breitenlee. A leur aile gauche ils sont débordés par Davout et doivent résister à Oudinot dans Baumersdorf.
A 14h, malgré les charges de la redoutable cavalerie de Liechtenstein, Macdonald s'empare de Sussenbrunn. L'objectif est atteint mais chèrement payé. Le centre autrichien fissuré recule lentement sur Gerasdorf. L'archiduc Charles essaye de colmater la brèche en y déplaçant le corps de Bellegarde qui, avec Hohenzollern et Rosenberg, faisait face à Oudinot et Davout. L'aile droite autrichienne affaiblie plie sous les coups des Français qui parviennent à s'emparer de Wagram. A l'autre extrémité du champ de bataille, Masséna déborde Klenau par le Nord et reprend Essling puis Aspern. L'aile droite autrichienne se replie sur Breitenlee, où elle ne peut se maintenir, puis recule lentement à l'Ouest de Wagram. Lasalle s'imaginant l'ennemi en déroute, charge et tombe foudroyé devant Léopoldau.
A 15h l'archiduc Charles a perdu l'initiative de la bataille, alors que son armée risque d'être coupée en deux. Il décide donc de ne pas attendre et ordonne la retraite générale sur Znaym, par Hollabrunn. La retraite se fait en bon ordre sans que les Français ne puissent désorganiser l'armée autrichienne.
A 17h30 l'archiduc Jean arrive en vue de Neusiedl. C'est trop tard puisque les Français sont maîtres de la ligne du Rüssbach. Il n'a donc aucune possibilité d'intervention et reprend la route de Presbourg.
A 18h, alors que Davout établit son bivouac à Wagram, Napoléon plante sa tente entre Raschdorf et Aderklaa marquant ainsi sa maîtrise du champ de bataille. Il est sombre car cette victoire a coûté cher : 34 000 tués ou blessés, de nombreux chefs valeureux ont perdu la vie. Certes les pertes autrichiennes sont supérieures (50 000 tués ou blessés, 12 000 prisonniers) mais le succès français n'a pas pu être exploité. Pour la première fois les soldats, harassés, ont manqué d'allant dans la poursuite.

 

Du 7 au 12 juillet : La poursuite, la manœuvre et l'armistice de Znaym.
Le 7 juillet : Après un repos de 24 heures les Français lancent la poursuite. Les Autrichiens ont profité de ce répit pour se replier. Une partie a pris la direction de Brünn, tandis que le gros de l'armée commandée par l'archiduc Charles a pris la route de Znaym.
Le 8 juillet Napoléon envoie Masséna sur Znaym, Marmont et Davout sur Brünn tandis qu'il reste en position intermédiaire avec Oudinot et la Garde.
Le 9 juillet Napoléon est informé que le gros de l'armée autrichienne se concentre à Znaym. Il ordonne alors à Marmont de franchir la Thaya au plus vite et de se porter par la rive nord de cette rivière vers la ligne de retraite de l'archiduc Charles.
Le 10 juillet au soir, avec beaucoup de retard, Marmont est devant Znaym que les Autrichiens ont eu le temps d'occuper. Malgré ses faibles forces (10 000h) il attaque immédiatement pour éviter une dérobade autrichienne.
Le 11 juillet au matin les troupes de Masséna et lancent une vigoureuse offensive sous un orage violent. A midi l'archiduc Charles, après accord de l'Empereur François II, envoie le prince de Liechtenstein demander un armistice. Napoléon saisit la balle au bond car il juge sa Grande Armée trop éprouvée pour se permettre de livrer une nouvelle grande bataille.
Le 12 juillet Napoléon signe l'armistice tout en affectant de se faire prier. Il donne rendez-vous aux négociateurs autrichiens le surlendemain, au palais de Schönbrunn.
Du 14 juillet au 14 octobre : Les négociations et la paix de Vienne
L'Autriche, représentée par Metternich, va discuter pied à pied avec Champagny pendant trois mois. Ce n'est plus l'effondrement qui avait suivi. Austerlitz. Napoléon, pressé d'en finir, va diminuer ses exigences.
Le 14 octobre, la paix de Vienne est enfin signée : L'Autriche est privée de tout accès à la mer. Trieste et les provinces de Carinthie, de Carniole ainsi qu'une partie de la Croatie sont données à la France qui, en les joignant à l'Istrie et à la Dalmatie, formera les Provinces Illyriennes. L'Autriche doit payer une indemnité de guerre de 85 millions et s'engage à n'entretenir que 150 000 soldats.